Melpomène et Calliope : ennemies ou alliées

S’il est vrai que la tragédie a été durablement reconnue comme le genre suprême, elle ne le serait pas devenue sans l’épopée : les scholiastes d’Homère s’accordent avec Aristote pour faire du Poète l’inventeur de la tragédie et de « parties » de celle‐ci qu’il est dès lors moins surprenant...

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Bibliographic Details
Published in:Mosaïque
Main Author: Séverine Clément‐Tarantino
Format: Article
Language:English
Published: Université de Lille 2009-06-01
Online Access:https://www.peren-revues.fr/mosaique/index.php?id=495
Description
Summary:S’il est vrai que la tragédie a été durablement reconnue comme le genre suprême, elle ne le serait pas devenue sans l’épopée : les scholiastes d’Homère s’accordent avec Aristote pour faire du Poète l’inventeur de la tragédie et de « parties » de celle‐ci qu’il est dès lors moins surprenant de retrouver dans l’épopée. Un cas notable d’inclusion tragique dans l’épique peut être constitué par le récit de messager, pour autant que son influence se fait sentir sur le récit du narrateur épique lui‐ même. Elle peut alors contribuer à l’assimilation de ce narrateur à un héros de tragédie. En voyant toujours plus grand (cf. le héros sénéquien, mais aussi, à l’origine, le maius opus de Virgile), le « je » de la Thébaïde de Stace, par exemple, pourrait témoigner à la fois d’une conscience de la supériorité traditionnellement reconnue à la tragédie sur l’épopée, et d’une volonté de réunir les deux genres en une œuvre résolument supérieure. Au sommet de cette épopée, le récit du duel entre les deux frères semble cependant décerner la victoire à Calliope.
ISSN:2105-1100